fiscalité marocaine fiscalité marocaine
Essai d'approche à la fiscalité marocaine
fiscalité marocaine
FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ProfilProfil  MembresMembres  GroupesGroupes  Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés  ConnexionConnexion 



 Bienvenue 
Les messages ne seront visibles qu'après validation par l'administrateur du forum.
Gestion de l'eau selon l'Islam et la Déclaration de Dublin

 
Répondre au sujet    fiscalité marocaine Index du Forum -> fiscalité marocaine -> LU POUR VOUS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
khalili
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Fév 2006
Messages: 654
Localisation: Morocco, Casablanca
Point(s): 156
Moyenne de points: 0,24

MessagePosté le: 16/09/2007 14:41:43    Sujet du message: Gestion de l'eau selon l'Islam et la Déclaration de Dublin Répondre en citant

La gestion de l'eau selon l'Islam et la Déclaration de Dublin

Odeh Al-Jayyousi


Au cours des deux dernières décennies, le besoin de nouvelles approches pour l'évaluation, le développement et la gestion des ressources en eau a été souligné à diverses réunions mondiales. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD 1990), la gestion intégrée des ressources en eau repose sur la perception que l'eau fait intégralement partie d'un écosystème, qu'elle est une ressource naturelle mais également un bien commun et économique. La conférence internationale sur l'eau et l'environnement : problèmes de développement pour le XXIe siècle (International Conference on Water and the Environment : Development Issues for the Twenty-First Century), qui eut lieu à Dublin en janvier 1992, a réclamé de nouvelles approches en matière d'évaluation, de développement et de gestion de l'eau douce (ONU 1991 ; PNUE 1992). De plus, la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement tenue en juin 1992 à Rio a confirmé le consensus sur une réforme en matière de gestion des ressources en eau. L'une des déclarations de cette conférence stipule :

« La gestion globale de l'eau douce en tant que ressource limitée et fragile, de même que l'intégration des plans et programmes hydriques sectoriels dans le cadre d'une politique économique et sociale nationale sont d'une importance primordiale pour les interventions des années 90 et après » (Banque mondiale 1993,24).
Les conditions nécessaires au succès de ces approches sont, notamment, les campagnes de sensibilisation du public, les changements législatifs et institutionnels, le développement technologique et les programmes de renforcement des capacités. Une plus grande reconnaissance de l'interdépendance entre les peuples, de leurs normes et valeurs ainsi que de leur place dans le monde naturel doit être sousjacente à tout ceci.

Le point de vue de l'Islam à la fois sur l'homme et sur la nature constitue un cadre conceptuel pour la gestion durable des ressources. Ce chapitre compare les principes dictés par l'Islam en matière de gestion de l'eau et ceux de la conférence de Dublin.

Le point de vue de l 'Islam
L'Islam couvre tous les aspects de la vie humaine. Il régit les rapports entre Dieu, les hommes et la nature. Il repose sur la reconnaissance de l'unité de Dieu, le Créateur, et la soumission des hommes à Sa volonté. Les musulmans croient que tout vient du seul et unique Dieu et que chacun est responsable devant Lui. Les hommes sont vus comme des administrateurs ou fidéicommissaires (khulafa) et des témoins (shahed). Notre rôle et notre responsabilité sont de veiller à ce que toutes les ressources, y compris l'eau, soient utilisées de façon raisonnable, équitable et durable.

Selon l'Islam, la nature est créée par Dieu (Allah) pour le bénéfice des hommes. La relation entre les hommes et la nature repose sur l'harmonie parce que toutes les créatures obéissent aux lois (sunan) de Dieu. Les hommes sont incités à explorer et à utiliser les ressources naturelles de façon durable. Les musulmans croient que, en se soumettant à la volonté divine, la paix s'ensuivra et que c'est en harmonisant la volonté humaine et celle de Dieu que la vie devient responsable et trouve son équilibre. Chaque activité humaine est doublée d'une dimension transcendante : elle devient sacrée, significative et centrée sur un but.

Le modèle de vie qu'envisage l'Islam consiste en un ensemble de droits et d'obligations. Globalement, la loi islamique comporte quatre types de droits et d'obligations pour chaque personne : premièrement, les droits de Dieu ; deuxièmement, les droits de la personne sur elle-même ; troisièmement, les droits d'autres humains sur la personne ; quatrièmement, les droits des objets créés que les hommes, habilités par Dieu, peuvent utiliser à leur profit.

Ce chapitre traite surtout des droits des objets créés. Les musulmans croient que Dieu a honoré les humains par l'autorité dont Il les a investis face à une quantité innombrable d'objets qu'il a créés. Tout a été aménagé pour nous. Nous avons reçu le pouvoir d'assujettir les objets et de les utiliser à nos fins. Cette position supérieure permet aux humains d'exercer une autorité sur les ressources, dont l'eau. Cette autorité doit toutefois être guidée par un sens des responsabilités face aux créatures vivantes et à la nature. L'homme ne devrait pas gaspiller les ressources dans de vaines entreprises ou les endommager inutilement. Lorsque l'homme se sert de ressources pour satisfaire ses besoins, il devrait recourir aux meilleures méthodes, aux approches les moins nocives pour tirer profit de ces ressources.

Les principes de Dublin et les notions islamiques
Le fondement de la conférence de Dublin fut que, si l'eau et le sol ne sont pas bien administrés, la santé humaine, la sécurité alimentaire, le développement économique et les écosystèmes seront menacés. La conférence demanda de nouvelles approches fondamentales en matière d'évaluation, de développement et de gestion de l'eau douce. Elle insista pour que les engagements soient soutenus par des investissements immédiats et substantiels, des campagnes de sensibilisation du public, des changements législatifs et institutionnels, du perfectionnement technologique et des programmes de développement des capacités.

Cela est tout à fait compatible avec le point de vue fondamental sous-jacent de la gestion de l'eau selon l'Islam (GEI). De nombreux versets du Coran traitent de la valeur de l'eau, expliquent sa formation et soulignent sa vulnérabilité, par exemple : « Nous avons créé, à partir de l'eau, toute chose vivante. Ne croient-ils pas ? »1 et « Dis : Que pensezvous ? Si l'eau dont vous disposez était absorbée par la terre, qui donc vous procurerait une eau pure ? »2. Le principe n° 1 de la déclaration de Dublin dit ceci : « L'eau douce est une ressource limitée et fragile, essentielle à la vie, au développement et à l'environnement. » Il est évident que le principe n° 1 est compatible avec les principes de la GEI. Il y a entente sur le fait que l'eau douce est limitée, vulnérable et importante pour la vie.

Les notions de participation communautaire et de consensus à dégager sont bien ancrées dans la GEI. Le Coran demande avec insistance que les décisions reposent sur la consultation et le consensus de groupes (shura). Le Coran décrit ainsi les croyants : « ceux qui répon-dent à leur Seigneur ; ceux qui s'acquittent de la prière ; ceux qui délibèrent entre eux au sujet de leurs affaires »3. Le Prophète (pssl)

1 21 : 30.

2 67 : 30.

3 42 :38.

procéda à des consultations et accepta les avis à de nombreuses occasions. Il décida de l'emplacement du camp à Bader, près de sources d'eau, à la suite de la suggestion de l'un de ses compagnons, Habbab Ibn Al-Munther (Ibn Hisham 1991, 167-6Cool. Cette consultation est en harmonie avec le principe n° 2, lequel insiste sur la notion que la gestion et le développement hydriques devraient reposer sur la participation de tous les intervenants.

L'approche participative comprend une sensibilisation accrue à l'importance de l'eau auprès de décideurs et du grand public. Elle signifie que les décisions soient prises au niveau approprié le plus bas, à la suite d'une consultation approfondie auprès du public et la participation des utilisateurs à la planification et à la mise en œuvre des projets hydriques. Cela peut se faire par la création d'associations d'utilisateurs d'eau (AUE) ou d'autres organismes non gouvernementaux (ONG), lesquels peuvent ensuite jouer un rôle dans l'adaptation, la modification ou l'application de lois et règlements compatibles avec la gestion durable de l'eau. L'Islam demande avec insistance à tous les membres de la société d'adopter une attitude active et positive face aux préoccupations publiques. Cet engagement devrait se concrétiser par une communication et une consultation efficaces.

Chacun a une responsabilité sociale en matière de conservation de l'eau et de prévention de la pollution de celle-ci. Selon le principe n° 3 de la déclaration de Dublin, « les femmes jouent un rôle de premier ordre dans l'approvisionnement, la gestion et la protection de l'eau ». Selon l'Islam, la responsabilité de prendre soin des ressources ne fait pas de distinction entre les sexes. Dans la GEI, les hommes comme les femmes sont considérés comme administrateurs des ressources.

Dans l'Islam, le rôle des femmes à titre de fournisseurs et d'utilisatrices d'eau et de gardiennes de l'environnement est bien documenté. Le transport de l'eau, depuis les sources et les puits, relevait ordinairement des femmes et, historiquement, le récit des rites du pèlerinage à La Mecque a été formulé en rapport avec Hajar, épouse du prophète Ibrahim. Sa recherche d'eau entre Safa et Marwa a transformé ces endroits en sites commémoratifs pour les musulmans. Dans le même ordre d'idée, Zubaidah, épouse d'Al-Rashid, joua un rôle dans la construction d'un canal pour l'eau, à La Mecque, pendant la période abbasside. Lorsqu'elle fit le pèlerinage en 808 ap. J.-C., elle remarqua les difficultés auxquelles se heurtaient les pèlerins par suite de la rareté de l'eau, et ordonna aux ingénieurs et aux travailleurs rapprochés et éloignés de construire un canal pour transporter l'eau de la source Ein Hanin jusqu'à La Mecque. Elle était déterminée à atteindre ce but à tout prix et ordonna à son gestionnaire financier (khazen) : « Réalisez ce projet, même si chaque pelletée devait coûter un dinar » (Hasan 1964). Le canal terminé prit son nom, Ein Zubaidah. Voilà un exemple manifeste du rôle des femmes dans l'Islam en ce qui concerne le développement de l'eau ; il démontre comment les femmes peuvent prendre l'initiative et assumer une responsabilité sociale.

Dans une société islamique, les hommes comme les femmes jouent un rôle décisif lorsqu'il s'agit de faire du monde un endroit agréable où vivre. Ils agissent comme représentants de Dieu en ce monde. Ils exhortent à faire du bien et à éviter de faire du mal. Une division fonctionnelle du travail existe dans la famille musulmane. L'homme se charge en premier lieu d'avoir des revenus et de procurer les biens essentiels à la vie et la femme assume surtout la responsabilité d'administrer le foyer et d'élever les enfants et de veiller à leur éducation. Par conséquent, les femmes musulmanes peuvent jouer un rôle dans la conservation de l'eau aussi bien à la maison que dans la société. Elles peuvent transmettre et véhiculer le savoir, les attitudes et les pratiques encourageant la conservation de l'eau, la prévention de la pollution, la consommation durable. Dans la collectivité locale, ou à des niveaux supérieurs, les femmes peuvent être membres de commissions de planification et de gestion de l'eau. Inculquer des valeurs de saines pratiques environnementales est d'une importance cruciale pour l'avenir. Ainsi, en raison de leur rôle premier dans l'Islam, à savoir éduquer leurs enfants, les femmes sont dans une position clé lorsqu'il faut enseigner aux générations futures les modes de consommation durable qui assurent une utilisation efficace des ressources.

Le principe n° 4 de la déclaration de Dublin stipule que « l'eau a une valeur économique dans toutes ses utilisations concurrentielles, et elle devrait être reconnue comme bien économique ». Dans le même sens, le prophète Mohammed déclara que l'eau devrait être, avec le pâturage et le feu, un droit pour tous les musulmans. C'est pourquoi, dans plusieurs pays musulmans modernes, la législation sur l'eau prévoit que les ressources en eau appartiennent à l'ensemble de la collectivité, c'est-à-dire l'État ou le domaine public (Caponera 1992). Selon cette notion, l'eau publique, dans son état naturel (grands lacs et grosses rivières), ne peut être vendue. L'accès à l'eau est un droit de la collectivité.

Selon l'Islam, une distinction existe toutefois entre l'eau publique et l'eau privée. L'eau privée englobe celle de puits, de citernes et d'autres sortes de réservoirs. S'il y a des frais additionnels pour transporter, traiter et entreposer l'eau, il convient alors de la considérer comme propriété privée (Zouhaili 1989). Cela laisse entendre que les utilisateurs doivent payer pour le fonctionnement, le traitement et l'entretien des systèmes d'approvisionnement en eau. Il faut toutefois tenir particulièrement compte des utilisateurs à faible revenu qui ne peuvent se payer les services et, pour certains consommateurs, l'eau devrait être subventionnée. De plus, le droit d'utilisation de l'eau peut être séparé de celui du sol qui est traversé par un cours d'eau, non par la vente mais par le legs. Bien que l'eau d'un tel canal soit une propriété privée, n'importe qui a le droit d'en boire. Il ne faut toutefois pas passer sur le terrain où se trouve le canal, à moins d'avoir obtenu l'autorisation du propriétaire, sauf en cas de nécessité. La propriété complète de l'eau n'existe que si celle-ci est « gardée », c'est-à-dire, dans un contenant. L'État a le droit de recouvrer les frais de l'approvisionnement, du traitement et de la distribution publique de l'eau.

Conclusions
L'Islam est une référence et présente un code de conduite aux hommes en ce qui concerne la gestion des ressources. Les hommes apparaissent comme des administrateurs (khulafa) : leur rôle et leur responsabilité sont de veiller à ce que toutes les ressources, y compris l'eau, soient utilisées de façon raisonnable, équitable et durable. Quant à l'esprit, cela est compatible avec tous les principes de la déclaration de Dublin. La pensée islamique confirme que l'eau douce est vulnérable et importante pour tous les aspects de la vie. Les approches participatives (shura) pour la gestion de l'eau devraient être développées à tous les niveaux. Le rôle des femmes dans la conservation de l'eau et pour sensibilisation est vital ; quant à leur rôle dans l'éducation en matière d'eau, il devrait être développé au moyen de mécanismes officiels et non officiels. Il est nécessaire d'entreprendre des recherches sur la réforme du domaine réservé à la femme dans la société. La participation des femmes dans les associations d'usagers de l'eau et les ONG doit être encouragée.

Quant au principe n° 4, à savoir que l'eau possède une valeur économique, il faut davantage de recherche pour clarifier les aspects économiques de l'eau, les droits et la valeur de l'eau. Il faut se concentrer sur les questions d'équité dans l'allocation de l'eau du point de vue de l'Islam. La distinction entre l'eau publique et l'eau privée de même que ses répercussions sur la tarification doivent être expliquées au public.

Afin que se matérialisent les principes de la GEI, il est recommandé de mettre sur pied un conseil consultatif chargé de la gestion durable de l'eau et de la réforme juridique. Ce conseil devrait comprendre des érudits en sciences et en religion afin d'assurer un apprentissage interdisciplinaire et d'aider à promouvoir l'innovation (ijtihad). Une tâche majeure de ce conseil serait de formuler la politique hydrique islamique nationale et internationale. Les évaluations des performances de ce conseil ainsi que les nouvelles déclarations (fatwa) devraient être accessibles au public, au fur et à mesure qu'elles sont connues.

Références bibliographiques
Banque mondiale, 1993, A World Bank Policy Paper – Water Resources Management, Banque mondiale, Washington, D.C.

Caponera, D. A., 1992, Principles of Water Law and Administration : National and International, Balkema Publishers, Brookfield, Vt.

Hasan, H. I., 1964, The History of Islam : The first Abbasid era, vol. 2 (7e éd.), Bibliothèque Al-Nahda, Le Caire.

Ibn Hisham, 1991, The Life of the Prophet, vol. 3, Dar Al-Jaleel, Beyrouth.

ONU, 1991, A Strategy for the Implementation of the Mar dei Plata Plan for the 1990s, Département de la coopération technique de l'ONU, New York.

PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), 1990, Safe Water 2000, New York.

PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement), 1992, Final Report of the International Conference on Water and the Environment, Dublin, PNUE, Nairobi.

Zouhaili, O., 1989, Al-Fiqh wa-dalalatuh (Jurisprudence islamique et sa preuve), pt 4, Dar El-Fiqr, Beyrouth.


PUBLICATION: CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL- CANADA


Revenir en haut
Auteur Message
Publicité






MessagePosté le: 16/09/2007 14:41:43    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Répondre au sujet    fiscalité marocaine Index du Forum -> fiscalité marocaine -> LU POUR VOUS Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Index | Panneau d’administration | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Arthur Theme